CREATION 2018

Textes : Gilles Defacque
Conception et adaptation : Eva Vallejo / Bruno Soulier

Mise en scène, scénographie, costumes : Eva Vallejo Musique : Bruno Soulier Avec : Gilles Defacque (comédien) et Bruno Soulier (musicien) Lumière : Daniel Lévy Son : Denis Malard Régie générale : Eric Blondeau

Portrait n°1
(premier portrait d’une série de portraits d’acteurs)

Ce serait le journal d’un acteur qui est clown d’un clown qui est acteur, d’un acteur qui est auteur aussi. Un journal qui parle de tout et de rien, de l’autre et de soi, du monde et des jours, des nuits et des rêves.

Ce serait un portrait, un premier portrait, celui de Gilles Defacque, clown, auteur, metteur en scène, directeur du Théâtre du Prato (Théâtre International de Quartier et Pôle National des Arts du Cirque Lille), acteur (Le Prato, Eric Lacascade, David Bobée,…)

Ce serait comme la suite logique d’une écriture chorale que depuis des années nous avons déployée, une forme chorale théâtrale et musicale (théâtre oratorio) mettant en jeu la responsabilité de l’individu au sein du collectif, comme de l’acteur, à la fois protagoniste et choriste, au sein d’un chœur toujours en mouvement.

Ce serait aller à l’intérieur, comprendre ce qui est à l’intérieur de l’acteur au delà de l’explosion des formes actuelles, revenir à l’artiste dans sa plus simple expression et à l’homme qui est derrière.

Qu’est-ce qu’il y a derrière l’acteur qu’est ce qui fait son unicité?

On n’aura pas le temps de tout dire

Ce serait des mots, des paroles des gestes d’un acteur, d’un clown, d’un auteur.

Ce serait le corps le son le mot, et la variation de leurs rencontres : le corps et/ou le mot et/ou le son.

Ce serait un collage, un collage théâtral et musical, pour 1 acteur et 1 musicien, 1 acteur au centre de la « piste » et 1 musicien (claviers, voix et traitements sonores) au bord de la piste, dans une cage de lumière, « relié » à l’acteur par un fil invisible, tissant peu à peu avec lui les « correspondances » d’une écriture poétique.

Il y aurait la voix, le silence, les sons, ceux du bandonéon, du saxo alto, de la guimbarde, des pas sur la scène, des rires, des applaudissements, de la contrebasse, de l’orgue, et puis de bien d’autres objets sonores encore.

Ce serait une confrontation, un jeu d’allers-retours entre journal intime et rapport au public, burlesque et lyrisme, corps et parole.

Ce serait les mots fragmentés d’un auteur qui raconte les voix de la nuit et sa mémoire son histoire.

Ce serait comme lutter contre une réduction de l’œuvre à l’événement passager sans plus voir de filiation de croissance de bifurcations de racines, en coupant l’endroit de naissance et de transmission, lutter contre ça jusque chez nous dans notre art.

Ce serait la bande magnétique d’une mémoire que l’on rembobine et qu’on réécoute.

Ce serait le journal d’un homme qui se dit qu’il n’aura jamais le temps de tout dire.

Ce serait un combat contre le temps.

Ce serait continuer à dire l’homme dans son rapport à l’autre, au passé, à ses racines, au quotidien.

Ce serait toute une vie.

Ce serait tenter encore une fois d’atteindre ces questions essentielles qui nous touchent, qui toujours nous bouleversent.

Ce serait un portrait, un premier portrait.

Eva Vallejo/ Bruno Soulier

Production : L’interlude T/o en coproduction avec le Prato, Théâtre International de Quartier Pôle National Cirque à Lille. L’Interlude T/O est conventionnée par le Ministère de la culture DRAC Hauts de France et la Région Hauts de France. Elle est soutenue par le département du Nord, la Ville de Lille et aidée par la Spedidam.


 

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