La terrasse, jeudi 1er octobre 2009

Entre ironie et empathie, entre voix etmusiques, entre sons et sens, la pièce de Kathrin Röggla mise en scène et en musique par Eva Vallejo et Bruno Soulier explore le problème du surendettement.

Le théâtre de l’autrichienne Kathrin Röggla, essayiste et journaliste vivant à Berlin, s’empare de l’actualité économique et sociale la plus récente en créant un théâtre documentaire fondé sur des témoignages qu’elle tisse en les retravaillant afin de créer une parole chorale. dehors peste le chiffre noir s’intéresse aux nombreuses victimes du surendettement, que la crise a durement frappées. Outre les personnes, plusieurs organismes bancaires ainsi que des conseillers en rachat de crédit ont aussi été interrogés. Eva Vallejo, metteur en scène, et Bruno Soulier, compositeur, font entendre cette parole dans un théâtre oratorio où voix parlée et musique se rejoignent. Créée à la Comédie de Béthune, la pièce évite les pièges du misérabilisme et du didactisme au fil d’une langue très construite, explorant divers milieux sociaux et diverses histoires personnelles, et combinant empathie et ironie face au réel et aux existences bouleversées par la crise. Le travail musical, le langage théâtral et l’engagement corporel se mêlent pour tenter d’élaborer une jonction poétique, où les interprètes glissent d’une parole individuelle à une parole collective, d’un code de jeu à un autre. « La choralité traduit à la fois l’interpénétration entre espace individuel et collectif, sphère publique et sphère privée, et le questionnement porté sur la marge de liberté de l’individu dans sa relation avec l’Autre. »précise Eva Vallejo. Le rythme des corps, des mots et de la musique fait partie intégrante d’un imaginaire théâtral où chaque acteur interprète une multiplicité de personnages, pour une polyphonie foisonnante et critique.

Agnès Santi.


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