Du Mouvement

Sans doute ce qu’on appelle nouvelle forme est, au regard de la création contemporaine, déjà quelque peu dépassé.

J’entends par là qu’il n’est déjà plus question de nouvelle forme, repérable et estampillée, mais, à l’image du mouvement permanent de notre société, d’une forme en perpétuelle mutation, prenant différents visages et cherchant sans cesse d’autres approches fidèles à la retranscription d’une réalité toujours changeante.

Une nouvelle forme qui serait un changement incessant de forme. Ce qui était vrai hier ne l’est déjà plus aujourd’hui… Il s’agit de changer les angles en fonction de cette dynamique, d’aller au plus proche de ce que nous observons et ressentons, et par là exploser tous les à priori de formes, d’écritures qui nous entravent et nous empêchent de dire vraiment.

Je serai réaliste demain s’il le faut, onirique après-demain, conceptuel aujourd’hui, plastique hier, « texte texte » avant-hier, « musique-musique » un peu plus tard, trivial peut-être, beau langage juste après, et après après : muet, choral, ou dialogue, ou monologue, corps, geste, etc….. « Impur » de toute façon. Toujours en mouvement pour taper où c’est juste, pour frapper la scène du sceau de ce que nous entrevoyons à chaque instant du monde.

Ce qui est en jeu est donc la particularisation de chaque nouvelle écriture, son adaptation à l’objet  poétique qu’elle approche, au temps dans lequel elle s’inscrit et à l’empreinte de l’artiste. Ce qui est en jeu est donc l’invention pure et simple à chaque œuvre de la forme qu’elle appelle.

Une permanence restant seule : notre empreinte digitale.

Bruno Soulier.

 

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